Tissus et canevas agrémentés de travaux d'aiguille.
Vous trouverez, sur ces pages, des broderies dont certaines sont connues partout dans le monde et d'autres spécifiques à une nation ou une région en particulier. Elles regroupent les appliqués, les broderies à point compté, les broderie à main libre, les broderies machine anciennes et modernes, les jours et les broderies utilisant des matériaux peu usités (cheveux humains, paille, piquants de porc-épic, etc.)
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Historique
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Aari à Gugerat
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Gugerat à Peinture à l'aiguille
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Perlée à Zerzud
Aari, broderie
Originaire de Barabanki (Inde), cette broderie sur cerceau est faite avec une aiguille ayant à son bout un crochet. Comme pour la broderie au point de Beauvais, ce travail au point de chaînette donne un fini plat ou des lignes soulevées lorsqu'il est agrémenté de points français ou d'autres types de relief. Pour ajouter un peu d'éclats à leurs ouvrages, les brodeuses incorporent aux motifs des pierres semi-précieuses, des cristaux et des kundan (pierres serties d'or coulé).
Africaine, broderie
La broderie africaine peut être retracée dans les grands royaumes du Soudan de l'ouest (2,700 ans au moins) et dans les états Hausa qui florissaient il y a 3,200 ans. Les influences islamiques ont réfrénés l'usage des images en sculpture, ce qui donna un essor aux appliqués et aux broderies. Les couleurs sont vives et les motifs souvent géométriques.
Agabani, broderie
Bien qu'il existe une tribu de ce nom en Arabie Saoudite, le nom de la broderie syrienne provient de la couleur du fil, couleur saffran, aussi par la forme du point, une série de croix. Dans le passé, le tissu et le fil étiaent tous deux en soie mais aujourd'hui le tissu est du coton ou du polyester, et le fil en soie synthétique. Les motifs proviennent de la flore régionale. Certains experts croient que cette broderie commença à Homs, en Syrie, au 19e siècle, pour ensuite de déplacer vers Damas, mais maintenant la production artisanale se fait principalement à Douma et Harasta, deux petites villes à proximité de Damas, et, bien que guidée manuellement, la broderie est faite à la machine. Le motif est tout d'abord imprimé sur le tissu puis rempli de broderies en fils de différentes couleurs. Le tissu est ensuite lavé pour retirer les marques et pressé. Cette broderie est présentement utilisée pour le linge de table.
Aintab, broderie blanche d'Arménie
Aintab est la source des broderies importées d'Orient par les Croisés. Le motif le plus courant est géométrique; l'arbre de vie, la source de la vie éternelle, il a différentes formes et différentes couleurs d'après la région où il est brodé. Chaque article est entièrement brodé à la main et prend d'un à six mois à compléter, dépendant de la forme, du modèle et de la taille du canevas. Chaque région d'Arménie a son style, ses motifs et ses différents points.
Allemande blanc sur blanc, broderie
Cette broderie, souvent appelée "Schwalm" même dans les pays francophones, ressemble au Hedebo danois, une combinaison de points comptés et de points libres. Les formes traditionnelles sont les coeurs, les cercles, les fleurs. Ces formes sont tout d'abord soulignées puis des fils de l'intérieur des formes sont coupés de façon régulière. Les fils restants sont ensuite rehaussés de points comptés. Cette broderie est traditionnellement faite en blanc sur blanc, en coton à broder, en utilisant des fils d'épaisseurs différentes.
Anglaise, broderie
Cette broderie est l'un des plus simple des ouvrages en blanc sur blanc et sert encore de nos jours à orner les sous-vêtements de coton, les tabliers et la literie. Elle consiste en une série de trous de différentes tailles mais tous ronds ou ovales, reliés par de fines lignes pour en faire des groupes ou des rangées de fleurs, des tiges ou des vignes.
Apenzelle, broderie
Développée au 18e siècle et originaire de Suisse, cette technique, qui tient autant de la broderie que de la dentelle, est toujours faite en blanc sur blanc. Plusieurs s'accordent pour dire que c'est de la broderie blanche rehaussée de dentelles, alors que d'autres affirment que c'est de la dentelle agrémentée de broderie blanche.
Appliqué
Le terme désigne des pièces de tissu ajoutées sur un fond uni et maintenues en place par des points de broderie fonctionnels ou décoratifs tout autour des pièces. Contrairement au patchwork, qui est un assemblage de pièces suivant un motif précis et géométrique, les appliqués sont habituellement figuratifs et plusieurs pièces peuvent être mises l'une par-dessus l'autre. Le point d'assemblage le plus courant est le point de feston (ou point de languette, point de boutonnière, point de grébiche) mais tous les points larges peuvent être utilisés, même le point zigzag de base d'une machine à coudre.
Appliqué d'ombre
Cette technique emploie un tissu blanc ou coloré sous une broderie Anglaise sans trous. Le tissu est fixé de différentes manières, la plus commune étant de petits points d'ourlet. La broderie est faite sur l'endos du tissu, avec un fil de couleur. Les points plus ou moins espacés donnent des variantes de teinte sur l'endroit du tissu.
Appliqué égyptien
L'Égypte a une longue tradition des appliqués, limitée, par les contraintes religieuse, aux arabesques, comme sur les mosquées et les tentes de deuil. Les oeuvres traditionnelles ont été remplacées au 20e siècle par des copies de mauvaise qualité et aux couleurs vives. Quelques tentes sont encore produites pour les touristes, mais elles représentent des scènes tirées des tombeaux des pharaons. Les appliqués étaient, et sont encore, faits de tissus unis (aucun imprimé) et embellis de broderies.
Appliqué mexicain en paille
Cet art d'origine Nord-Africaine, a été pratiqué autant par les Amérindiens que les hispanophones depuis 1700. Les formes prédominantes de ces appliqués sont les motifs géométriques autour d'une croix noircie, bien que la même technique soit employée avec de la paille ou des enveloppes d'épis de maïs pour les coffres, les boîtes, et autres objets utilitaires et aussi pour des tableaux, surtout depuis l'émergeance du tourisme. Cette broderie, très rigide de par sa nature, ne s'emploie que sur des surfaces dures, et non pour les vêtements.
Arménienne, broderie
Le plus vieil exemple datant de la fin du 13e siècle, la broderie arménienne était surtout dirigée vers les ornements sacerdotaux: mitres, étoles, nappes d'autel, couvert de calice, etc. Elle était faite sur des soies, velours, satins et des tissus moins précieux, avec des fils d'or et d'argent, des perles et des pierres précieuses et semi-précieuses. Des broderies plus modestes décoraient des serviettes, des sacs, des bas, les nappes et des vêtements. Les motifs étaient recopiés à partir de grilles et représentaient des croix, des étoiles et des tresses. Des tissus foncés servaient de fond pour des motifs floraux ou des polychromes géométriques en couleurs vives.
Arpillera, patchwork du Pérou
Ces tapisseries à l'aiguille sont créées à partir de rubans de différents tissus. Les personnages sont matelassés à la bourre de coton pour leur donner du relief. Les motifs sont habituellement des paysages familiers et non des symboles historiques ou religieux comme dans plusieurs autres pays.
Assise, broderie d'
Assise, une ville d'Italie, nous a légué cette broderie qui servait autrefois à orner son linge d'Église. Ce travail consiste à broder le fond de l'ouvrage au point de croix au lieu de broder le motif lui-même. Le fond est fait d'une seule couleur, sans dégradés, les traditionnelles étant le rouille et le bleu. Ainsi, le dessin se dégage-t-il en silhouette du tissu et non de la broderie. Des oiseaux stylisés, des fleurs, des dessins géométriques empruntés des mosaïques et des sculptures, sont typiques de cet art. On dessine les motifs en les entourant d'un point de contour en noir (en points de piqûre) sur le fond brodé.
Aubusson, tapis d'
C'est une erreur de croire que les tapis français Aubusson sont fait à l'aiguille, pourtant, certains motifs des tapis au métier à tisser sont repris à l'aiguille. Ce sont les motifs qui tirent leur origine de ce nom, et non la technique de fabrication.
Ayrshire, broderie
Cette forme de broderie blanc sur blanc a été à son apogée vers 1800. D'origine Écossaise, elle consiste en oeillets, points de plumetis matelassé et des petits points éparpillés entre des motifs de fleurs. Un tambour est utilisé pour le remplissage, les jours, et les motifs en points tirés. Les appliqués et la broderie à points d'ombre ne sont utilisés que dans les travaux plus modernes, à la machine.
Beauvais, broderie au point de
Cet art apparut tout d'abord en Orient, et est encore pratiqué intensivement de nos jours au Cachemire pour enjoliver vêtements et châles. Cette technique parvint en Europe au 18e siècle, sur de la mousseline ou du voile. Ce point ressemble au point de chaînette, mais il s'exécute sur tambour à l'aide d'un crochet fin qui se nomme ''ari''. Le tambour est obligatoire puisqu'une main tient le fil sous l'ouvrage alors que l'autre main tient le crochet sur le dessus du travail. En plus de faire de beaux dessins colorés, ce point permet l'addition de perles et de paillettes. Il ne faut pas le confondre avec la création de tapis sur canevas, qui nécessite aussi un crochet, mais qui forme des noeuds séparés et non des boucles en chaînettes.
Berlin, broderie de
Cette broderie date du 19e siècle et elle a été développée en Allemagne. Elle est basée sur les grilles peintes à la main servant de modèle à points comptés pour les broderie à point de croix. Les fils utilisés sont en laine douce, filés dans la ville de Gotha (Allemagne Orientale, au pied du Thüringerwald) et teintes à Berlin.
Blanche, broderie
Toutes les broderies faites en fil blanc sur un tissu blanc sont classées dans cette catégorie, certaines intimement liées par la technique et d'autres non apparentées. Une broderie est appelée "broderie blanc sur blanc", ou "broderie en blanc" lorsque le fil et le tissu sont tous les deux blancs, et "broderie sur blanc", lorsque le tissu est blanc mais le fil de couleur.
Bouchara, broderie
Le nom est tiré de la région, l'Émirat de Boukhara. Cette broderie perse utilisent principalement des points de remplissage pour les feuilles et les pétales des fleurs, qui prédominent dans ces motifs. Les broderies sont particulièrement larges, en couleurs riches, surtout en rouge. Elles sont faites en fils de soie, sur un fond de toile de coton.
Boutis
Une technique de matelassage, qui vit le jour en Sicile il y a 700 ans, et qui devint une industrie en France au 18e siècle, le boutis était, au départ, fait en blanc sur blanc. La technique comprenait une double épaisseur de lin épais cousu au fil de lin. Des motifs sont soulevés en insérant une bourre de coton ou, à partir du 16e siècle un cordon, sur l'endos du travail. Appelé "boutis" en France, cette technique s'appelle "Trapunto" en Amérique et, pour les pièces de Marseille datant du 17e et 18e siècles, elles se nomment "broderie de Marseille" (terme utilisé autant en anglais qu'en français pour les désigner). Le boutis blanc sur blanc est encore utilisé de nos jours pour les édredons, mais des motifs colorés s'emploient pour les miniatures, les couvertures de causeuses et pour les encadrements.
Brésilienne, broderie dimentionnelle
Le Brésil n'inventa ni les points (points de poste, grébiche, plumetis double et noeuds français), ni le fil de rayonne; mais ce dernier, produit au Brésil depuis 1850 dans toutes les couleurs et teintes, est facile d'emploi pour les motifs surélevés. Le fil de rayonne a la particularité d'être très lisse et d'une brillance qu'aucun coton ou soie à broder ne peut égaler.
Cachemire, broderie du
Contrairement aux autres régions de l'Inde, au Cachemire, la broderie est traditionellement une affaire d'homme. Les couleurs sont riches et les motifs représentés sont les différents oiseaux de la région, les cerises, les raisins, les fleurs de pommiers, les prunes, les lis et les fleurs de safran.
Canevas de plastique, broderie sur
Une des innovations du 20e siècle, le canevas de plastique a permis de réaliser des objets en trois dimensions beaucoup plus solides que ceux faits, à l'époque victorienne, en papier perforé. Ainsi, de bibelots décoratifs, certains de ces objets sont devenus pratiques, comme des boîtes de rangements, des cadres, des sous-verres, des pots à fleurs artificielles, etc. Ce canevas existe en plusieurs tailles et formats, et un fil spécial, lui aussi en plastique, permet un usage plus intensif de l'objet réalisé. Toutefois, il faut noter que ce plastique devient cassant avec l'âge.
Carte, broderie sur
Cette broderie utilise un papier épais et du fil très mince, soit de soie ou métallique et crée des formes géométriques ou orne une partie d'un dessin simplifié en vue de garnir des cartes de souhaits. Les perforations sont faites à l'avance, en suivant le motif et le mouvement de l'aiguille rappelle les tableaux faits à base de fils et de clous. Cette technique date de l'époque victorienne et est encore très populaire dans les pays anglophones.
Casalguidi, broderie
Cette broderie italienne blanc sur blanc, du nom d'un petit village de Toscane, fut développée à la fin du 19e siècle. Les points utilisés les plus reconnaissables sont le point à 4 côtés, le point de grébiche en barrette et le point de tige en relief. Les broderies plus modernes ont délaissé le lin (tissu et fils) pour les tissus à tissage régulier et les fils de coton et de rayonne aux couleurs vives. Cette broderie est tellement délicate que certains la considère comme une dentelle à l'aiguille.
Chasu, broderie
La broderie coréenne existe depuis plus de deux mille ans mais sa qualité s'est grandement améliorée lors de l'introduction des aiguilles d'acier. Pendant la dynastie "Koryo", la broderie chasu est devenue si luxueuse qu'elle se diversifia en quatre catégories : la "Pokshik" décorait les vêtements selon la caste et le rang social. La "Kiyong" décorait le palais du roi. La "Kamsang" représentait les pièces artistiques et les matériaux ornementaux. La dernière est en relation étroite avec le boudhisme. Au 15e siècle, au début de la dynastie "Choson", on encouragea les femmes à la broderie, comme ''vertu féminine'', alors qu'en fait, on essayait tout simplement d'augmenter la production commerciale.
Chenille, broderie
Cette technique est dérivée de la broderie Chenille-mèche. Elle utilise soit de la laine ou du coton, et joue autant sur les teintes que les formes, car il n'y a qu'un seul point utilisé, la boucle. Le tissu utilisé doit nécessairement être tissé serré car il n'y a pas de doublure pour retenir les fils. On se sert principalement de cette broderie sur les couvre-lits. Les boucles coupées ont tendance à s'arracher aux lavages répétés, laissant des trous inesthétiques. A ne pas confondre avec le patchwork "Chenille". fait de 5 ou 6 épaisseurs de tissus, qui s'effilochent au premier lavage pour donner l'apparence de chenille.
Chenille-mèche, broderie
Cette technique considérée comme typiquement Américaine tire ses origines dans la broderie blanc sur blanc Européenne. Elle prit son essor à l'époque de la colonisation quand une grave pénurie de fournitures de toutes sortes incita les femmes à utiliser la grosse mèche de coton entrant dans la confection des chandelles pour broder des couvre-lits. La technique demande un tissu support qui rétrécira au premier lavage afin de fixer les points dans sa trame. On utilise des points arrière et des points de noeud, en gardant entre les points des petites boucles d'égale longueur, sur fil double. Quant toute la broderie est terminée, on coupe les boucles avec des ciseaux pointus. Il existe également une méthode sur métier à tisser, strictement Américaine, qui consiste en des fils de trame mis en boucles et tenus en place par les fils de chaîne. A ne pas confondre avec le patchwork "Chenille".
Cheveux, broderie en
Cette broderie peu commune utilisant des cheveux humains comme fils, vit le jour en Chine, pendant la dynastie Tang, il y a plus de mille ans. Ce matériau inusité a la propriété d'être uniformément fin, ne change pas de couleur, est élastique et il est résistant à la corrosion. Comme les chinoises avaient l'habitude de porter les cheveux longs, le matériau ne manquait pas. Depuis une quatrantaine d'années, l'introduction de cheveux teints a permis d'élargir la gamme de couleurs des broderies. Les cehveux de teintes naturelles sont pris chez les jeunes filles, mais certaines personnes font broder leur portrait avec leurs propres cheveux, ce qui rend le travail encore plus personnel.
Chikan, broderie
Cette broderie du style blanc sur blanc, qui trace ses origines à la cour royale de Oudh (Inde), est le plus souvent effectuée sur une mousseline fine. Elle utilise une variété de points, dont certains noeuds pour donner un effet texturé. Une des variétés de chikan est le jali, qui donne une apparence de filet. Dans la région de Uttar Pradesh, le tissu est perforé puis brodé d'un fil de couleur identique, pas nécessairement en blanc. Cette variété, qui se nomme "jamadami", est aussi associée au "kasooti", une broderie à points comptés. La broderie chikan est utilisée pour décorer une grande quantité d'articles différents dont les saris.
Chinoise, broderie (première époque)
L'usage de la broderie remonte à la dynastie Chang (fin XVIe - fin XIe siècle av. J.-C.). De décorations vestimentaires (dynastie des Tcheou occidentaux, 1121-771 av. J.-C.), elle est rapidement devenue très élaborée à l'époque des Royaumes combattants (403-221 av. J.-C.) pour atteindre un apogée artistique sous la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.).
Chinoise, broderie (deuxième époque)
Une particularité de la dynastie T'ang (618-907) est l'apparition de nouveaux points de broderie. Jusque là, le point de chaînette était le seul point communément en usage. Il fut remplacé sous les T'ang par un nouveau point: le plumetis, un point réversible, pouvant se marier à ses dérivés. Les aiguilles d'acier et les fils de soie permirent à la broderie de s'identifier à la peinture.
Chinoise, broderie (troisième époque)
Les remarquables chefs-d'oeuvre de broderie de la dynastie Song (960-1279) sont composés de centaines de milliers de points compliqués, utilisant une large palette de couleurs agréables. L'image finale est souvent d'un réalisme et d'une vivacité étonnants.
Chinoise, broderie (quatrième époque)
L'innovation majeure fut l'introduction sous la dynastie Ming (1368-1644) de matériaux autres que la soie: fibres de papier, cheveux humains, flanelle, dentelle et or pur. Sous la dynastie mandchoue des Ts'ing (1644-1911), la broderie a conservé les acquis des dynasties précédentes, mais a toutefois connu deux changements remarquables. Le premier est le succès extraordinaire des styles régionaux. Le second, vers la fin de la dynastie, est l'influence de la broderie japonaise et des valeurs esthétiques apportées par la peinture européenne, qui a lancé une technique appelée "broderie libre".
Colbert, broderie
De grands motifs sur un tissu ferme et transparent, avec des points de remplissage très variés et un contour des motifs tressé en coton épais (genre coton perlé n° 3), puis entouré en points de tige. A l'origine, un lainage ou un tissu à tamiser (coton à fromage) était utilisé. L'espace entre les motifs est travaillé en fils tirés (ne pas confondre avec les jours, car aucun fil n'est coupé dans ce cas-ci). Cette broderie est rarement en blanc sur blanc mais utilise plutôt des couleurs riches et soutenues.
Contemporaine, broderie
Broderie machine ou à la main, utilisant ou non de la peinture à tissu, et ayant comme modèle de base n'importe quel dessin. Ainsi, les patrons de tolepainting, les pochoirs, les illustrations d'enfants, les images de magasines peuvent servir à des broderies.
Cordons d'or, broderie à
Cette broderie consistait autrefois à travailler des fils métalliques recouverts d'une spirale de fil d'or ou d'argent. Certains de ces cordons étant creux, ils peuvent se couper et être appliqués comme des perles; ce qui nécessite des ciseaux bien aiguisés et pointus. D'autres cordons sont mats ou lustrés et certains sont même étincelants. La broderie traditionnelle consiste en un contour de points de grébiche avec un point picot en cordon à tous les six ou sept points, ajouté au point de grébiche par le dessus et non par en dessous. Le fil utilisé est soit en soie ou du fil à broder, passé dans la cire d'abeille pour le raidir et empêcher les noeuds. Une aiguille très fine est toujours utilisée.
Coréenne, broderie traditionnelle
La broderie traditionnelle Chasou étaient en soie sur soie. Celle sur les habits dénotait la classe sociale; celle sur les panneaux et les costumes cérémoniaux était strictement décorative (fontaines, montagnes, oiseaux et fleurs), alors que celle sur les objets courant était en motifs géométriques (symboles de longévité, etc.). Des teintures naturelles étaient utilisées pour les fils, en trois tons, foncé, moyen et clair. Les tons intermédiaires étaient réalisés en agençant des fils de couleurs différentes.
Cornelly, broderie machine
Cette broderie est faite machine, guidée main, sur une machine à coudre inventée en 1866. Cette machine permet de faire des cordonnets en points chaînette, et peut également utiliser des rubans, des sequins, du raphia et de la chenille. Elle fait aussi des appliqués. La machine Cornelly moderne est encore plus versatile et possède des motifs pré-programmés; par contre elle est très difficile d'utilisation. Les machines à coudre électroniques peuvent imiter la Cornelly avec un pied adapté.
Croatie, broderie folklorique de
Les motifs utilisés dans les campagnes sont plus souvent géométriques ou floraux. Contrairement à leurs consoeurs de la haute société, les paysannes n'employaient pas de fils d'or mais des teintes vives où le rouge domine.
Croatie, broderie traditionnelle de
Le symbole de la fierté féminine de toutes les régions croates, de la Slavonie à Zagreb, cet art ancien était passé de génération en génération. Défini comme de la peinture en fils, les motifs floraux de Croatie utilisent des fils d'or en une grande gamme de techniques différentes locales ou traditionnelles. Cette technique était utilisée sur les vêtements et en tapisserie murale. Le prix d'une pièce ne dépend pas du prix du fil d'or mais de la qualité et de l'originalité de la brodeuse.
Danoise moderne, broderie
Dans cette broderie, un motif est créé puis rempli de différents points de feston pour former des pyramides, des barres et d'autres motifs. Les formes ainsi créées peuvent être cousues sur un tissu comme une insertion ou être faites à part et fixée comme bordure. Les ouvertures ainsi formées peuvent prendre toutes sortes de formes: pétales, feuilles, cercles, coeurs, losanges, triangles et aussi des formes irrégulières. Ces ouvertures sont relativement petites (2,5 cm environ), ce qui complique un peu la technique. Par contre l'élégance de cette broderie ne nécessite pas d'ouvrages ultérieurs. Les raccords se font habituellement au point plumetis. Les anneaux sont une particularité de cette forme de broderie, et pour les réaliser, un instrument gradué de 20 cm est habituellement utilisé à cette fin, pour des anneaux de différentes tailles.
Dival, broderie
Broderie turque ayant son apogée au 19e siècle, c'est une broderie dont les motifs de base sont les plantes et les fleurs. La technique consiste à utiliser soit un seul fil ou un groupe de fils métalliques en aller et retour parallèles au-desus d'un motif découpé dans un cuir rigide. Les fils métalliques n'entrent jamais dans le tissu de fond mais sont tenus en place par des points d'un fil différent, tout autour du motif. Cette technique donne un effet relief aux motifs sur un fond uni. Dans la tradition ottomane, les jeunes filles ne pouvaient utiliser de fils d'or ou d'argent sur leurs vêtements; ce privilège était réservé aux femmes mariées, et il commencait par des vêtements somptueux lors du mariage. La broderie dival était justement celle utilisée pour ces vêtements d'apparat, ainsi que pour tout vêtement de cérémonie. Dans les campagnes, les femmes portaient des boléros brodés de la sorte et vers le 18e siècle, alors que les vêtements occidentaux commençaient à influencer ceux des villes turques, la broderie se retrouva sur des robes occidentales en taffetas, et en hiver des manteaux de velours aux mêmes couleurs et mofits que les robes portées dessous.
Dresde, broderie blanche de
Cette broderie allemande en blanc sur blanc combine un bon nombre de techniques différentes inculant le point de plumetis, le travail sur tambour (point de chaînette) et des points tirés pour créer un effet et une texture de dentelle. Si cette broderie était faite sur du filet, elle ressemblerait à la dentelle Limerick.
Ecclésiastique, broderie
En Europe, jusqu'au 13e siècle, la broderie en fils d'or était réservée à l'Eglise Chrétienne. Les matériaux utilisés étaient l'or, l'argent, des disques d'argent massif, des paillettes et des disques émaillés, de vraies perles, des pierres précieuses, de la pâte de diamant et du corail. Les motifs de cette époque étaient des personnages avec un décor d'arabesques et de vignes ou une architecture travaillée en fils d'or. Au Moyen Âge, les points plats laissèrent la place à des points en relief, et les personnages furent abandonnés au profit de plantes et de symboles religieux (croix, colombes, etc.). La richesse des vêtements fut lentement abandonnée à son tour dès le 19e siècle et de nos jours, il n'est pas rare de voir des vêtements ecclésiastiques en coton mouliné et même en laine.
Élisabéthaine / Africaine / Noir et blanc, broderie
La broderie noir sur blanc (Blackwork) existe au moins depuis l'an 1300, et elle est effectuée sur un tissu de lin ou à trame régulière, au point avant double ou point Holbein (du nom de son inventeur) et en fil noir (en soie à l'origine). Occasionnellement, un point de Boulogne en rouge était ajouté pour donner du piquant. Cette broderie prend 2 formes: un motif géométrique ou un motif enroulé. Ces motifs ont souvent été repris à des peintures, sculptures ou à des thèmes architecturaux. Certains travaux seront réversibles, avec le même motif sur les 2 faces, ou avec 2 motifs différents, ou avec un revers blanc.
Entre-deux
Ce sont des jours sans fils tirés, qui réunissent des tissus par des points décoratifs imitant la dentelle. S'apparentant aux jours russes, dont ils tirent bien des points les plus compliqués (point de boutonnière, faisceaux, point torse ou en lacets), les entre-deux ont aussi été commercialisés au mètre, pour ceux et celles qui préfèrent ajouter un galon plutôt que de se livrer à des heures de broderie. Les entre-deux permettent de joindre des tissus unis à des imprimés, mais le poids des tissus joints doit être sensiblement le même, au risque de forcer les coutures, seul lien qui les unis.
Estonienne, broderie
La broderie estonienne a subi les influences de l'Europe de l'Ouest au 13e siècle. L'influence baroque arriva sur le tard, au 17e siècle, par l'Allemagne, la Suède et l'empire Russe. La guerre nordique (1700-1721) sépara le pays en deux régions et la distinctions parut dans la broderie jusqu'à la seconde moitié du 19e siècle. Au nord, les broderies des femmes étaient en grande partie à motifs floraux, autant sur leurs coiffes que sur leurs chemises, alors qu'au sud, une région agricole bien développée, ce n'était pas le cas.
Exemplaires / Abécédaires
Du vieux français "essemplaire", qui signifie un modèle de travail à copier ou imiter, le terme anglais "Sampler" est ajourd'hui admis en broderie pour désigner autant les abécédaires, les lignes de points divers et les arbres généalogiques. Les plus anciens ont été trouvé dans les tombeaux d'Egypte; qui influencèrent ceux d'Europe avec des dessins en losanges, des "S" et des croix faits au point devant. Les plus intéressants proviennent de l'époque avant les patrons dessinés, où le seul moyen de faire découvrir de nouveaux points étaient de les recopier sur tissu. Certains samplers sont faits de façon aléatoire, en remplissant tous les espaces possibles, alors que d'autres sont en belles rangées uniformes. Au 16e siècle, en Angleterre, ils commémoraient les naissances, les mariages et les deuils. Au 17e siècle, en Allemagne, un motif floral encadrait un abécédaire, des chiffres et des motifs géométriques. Ils ont aussi été populaires au Mexique, en soie sur lin blanc. En France, ils étaient entièrement faits sur mousseline, au point de croix. En Italie, les points sont plus variés (Holbein, épine, chaînette et plumetis). Les samplers scandinaves de cette époque contiennent des motifs en Hardanger. Les arbres généalogiques débutèrent au 19e siècle, autant en Europe aux Etats-Unis, en laine sur un gros canevas.
Filet, broderie sur
Dans la broderie sur filet, le fil doit être de même nature que le filet, soit en nylon ou en coton et les motifs choisis sont géométriques. Les points de remplissages sont les boucles, les losanges à côtes, les roues de Sainte Catherine et les fleurs. N'importe quel motif géométrique pris sur une broderie à points comptés peut être reproduite sur filet, mais il est toujours préférable de réduire le nombre de couleurs au minimum. Entre les motifs ou seul, le remplissage en forme d'étoiles est très aéré et couvre vite de grandes surfaces. A défaut de filet, le travail peut s'effectuer sur le tulle (crinoline, voile de mariée, etc.).
Fils de soie, broderie en
Bien que la broderie en fils de soie soit utilisée pour les camées (médaillons miniatures) et qu'elle ait été utilisée avec des fils d'or, elle est surtout employée pour les tapisseries très détaillées sur canevas unifil (14 à 64 points au pouce). Le point le plus utilisé est le demi-point de croix.
Fils métallisés, broderie en
L'or étant le métal le plus précieux, il a été utilisé dès la création des toutes premières broderies. Au tout début, de fines lamelles d'or était martelé et cousu à plat, puis la technique du fil d'or s'étant développée, les techniques de broderies ont pris de l'ampleur. De la lamelle d'or pur, on passa à l'or sur fil de soie puis à l'argent sur fil de soie. Ces fils sont encore utilisés de nos jours au point de Boulogne, technique développée au 14e siècle.
Fils tirés, broderie à
Contrairement à la broderies à jours, dans ce type de broderie d'origine danoise, les fils ne sont pas enlevés, mais le fil à brodé, bien tiré, fait des trous en tirant ni plus ni moins sur le tissu. L'effet en est d'une dentelle sobre et plus légère que le Hardanger (voir ce mot).
Florentin, broderie au point
Ce qui caractérise cette broderie (aussi nommée Bargello) sont les points verticaux de différentes longueurs, une variante du Gobelin, traditionnellement utilisés en soie ou laine sur canevas de lin. Les motifs sont géométriques et répétitifs, en vagues, flammes, têtes de flèches ou noeuds celtes. Idéal pour les recouvrements de chaises, ce motif peut aussi être utilisé en grand ou petit format, de l'étui à lunettes au couvre-lit.
Française, broderie
La broderie blanche la plus délicate était faite sur de la mousseline fine ou sur de la batiste. Les fils les plus fins et les points les plus recherchés étaient utilisés pour créer des mouchoirs vaporeux, des voiles, des bonnets, des cols et des vêtements de bébé. Les plus belles pièces sont maintenant dans des musées ou des collections privées. Étrangement, ce nom de "broderie française" est attribuée à des pièces réalisées en Amérique.
Funéraire en fils de soie, broderie / Commémoratives, broderies
Même si les broderies commémoratives ne sont qu'une forme de broderie figurative en soie, elles nécessitent une catégorie à part car leur forme est très particulière. Ces images ont été faites en Angleterre, par de jeunes filles de bonnes familles, de 1780 à 1840. Ces travaux qui, de nos jours, semblent un peu macabres, étaient exigées pour démontrer le savoir faire de la jeune fille. Le paysage est très strict: une dalle mortuaire devant laquelle se tient une femme en deuil et des saules pleureurs. Sur la dalle, le nom d'un défunt de la famille ou d'un héros national était inscrit. Sur certains de ces tableaux, la dalle reste en blanc, ou est dédiée à l'amitié. Le ciel est plus souvent peint que brodé.
Gota, broderie
Dans cet état de l'ouest de l'Inde, le Rajasthan, la broderie d'or est utilisée en combinaison avec des appliqués, sur des cotons épais ou des lainages, une tradition datant des Mongols. Elle est surtout utilisée pour les vêtements féminins. La broderie zari en est une autre expression, en fils de métal couchés sur un matelassage de coton. Cette technique s'emploie pour les tentures, les housses de velours et les chariots. Les motifs sont géométriques (cercle, triangle, carré, etc.), floraux ou religieux.
Grecque, broderie des îles
Chaque groupe d'iles a son propre style et son répertoire de motifs, utilisant de la soie, du coton ou du lin. Les styles vont de l'allure aristocratique des motifs de Rhodes, au travail monochrome de Nexos à l'exubérant style narratif de Skyros. Les populations différentes (étrangers urbains, natifs paysans, villes catholiques et villages orthodoxes, invasion d'armées de terre et de mer, etc.) contribuèrent à une certaine fusion de styles et motifs.
Gros point, broderie au
Broderie au demi-point de croix réalisé sur un canevas double-fil (Pénélope) en brodant sur les deux fils à la fois, ce qui lui donne plus de corps que la broderie au petit point (voir ce mot). Le canevas a de 7 à 12 trous au pouce. Par contre, même si le travail n'est pas aussi fin que celui réalisé sur un canevas plus délicat, il n'en demeure pas moins qu'autant de détails peuvent être brodés, si la taille du canevas le permet.
Gugerat, broderie
La broderie de cet état du nord-ouest de l'Inde change tous les 20 kilomètres, mais son trait particulier est l'utilisation de morceaux de miroir (Aabla) imbriqués dans les motifs aux couleurs vives et d'une forme particulière de patchwork dans laquelle les morceaux de tissus sont ramassés au hasard à partir de vieux vêtements, de tentures et de coussins. Des coquillages sont souvent inclus dans les bordures.
Haida, appliqué à boutons
Le peuple Haida vit dans les Iles Reine Charlotte (Haida Gwaii) en Colombie-Britannique (Canada) ainsi que dans des iles du sud-est de l'Alaska. La "'couverture à boutons"' est un rituel présent dans plusieurs cérémonies. Autrefois, de petits carrés faits de coquillages étaient brodés dans les yeux et sur les lignes de démarcation des figures (habituellement le "blason" familial), cousues en appliqué rouge sur une couverture tissée bleu foncé. Celle-ci était portée sur le dos des danseurs qui dansait autour d'un feu et les coquillages reflétaient la lumière. À l'arrivée des Européens, les coquillages furent remplacés par des boutons de nacre -- ceux-ci restèrent très communs pour les chemises pour hommes jusqu'aux années 1960-1970.
De nos jours, avec les boutons de plastiques, plus légers, certains de ces appliqués sont entièrement couverts de boutons, parfois plus d'une centaine. Un siècle après que la couverture à boutons fut développée, elle est devenue un symbole social et culturel pour la nation Haida. Plusieurs artistes modernes préfèrent utiliser des personnages du folklore plutôt que les totems familiaux, car les non-Haida aiment toujours entendre parler des légendes.
Hardanger
Cette broderie norvégienne est à points comptés, sur un tissu spécial appelé Hardanger. Traditionnellement, la broderie est faite de coton perlé, de la même teinte que le tissu, et consiste en des carrés placés de façon géométrique, certains à fils tirés et d'autres en points pleins. L'emphase est mise sur la forme carrée plutôt que sur de longues rangées de points, comme dans les autres broderies à fils tirés. Cette broderie sert surtout aux chemins de table, napperons et, à plus petite échelle, comme décorations de robes.
Hedebo
La broderie traditionnelle danoise est plus austère que sa forme moderne, plus géométrique mais aussi plus délicate. C'est une forme de broderie à jours où de petits motifs sont construits puis remplis de différents points de boutonnières pour former des barrettes, des pyramides et d'autres motifs réguliers. La différence majeure entre la broderie traditionnelle danoise et sa forme moderne est qu'il n'y a pas d'anneaux dans la forme la plus ancienne.
Herbes, broderie d'
Lorsque des tiges de différentes couleurs sont tissées ensemble, il ne s'agit pas de broderie mais de vannerie. Lorsque ces mêmes tiges ou tresses d'herbes colorées sont recousues sur un produit fini, c'est de la broderie, comme c'est le cas chez les peuples de la côte nord-ouest de l'Amérique. Cet ajout d'herbes sèches tressées n'avait aucun but fonctionnel et était purement décoratif. Certaines de ces tresses étaient faites d'herbes préalablement teintes, et d'autres gardaient leurs couleurs jaunes, brunes ou vertes, puis étaient cousues sur des paniers tressés, du feutre ou du cuir. Certaines feuilles fibruses qui ressemblent à des herbes étaient aussi uitlisées.
Hime-temari / Balles temari
Arrivées au Japon il y a 5 ou 6 cent ans, en provenance de Chine, ces boules étaient à l'origine un jeu d'enfant, fait de pièces de soie recyclés de vieux kimonos. Avec le temps, les coutures utilitaires devinrent de la broderie de plus en plus riche et compliquée, et de balles d'enfants, les balles temari devinrent des objets d'art, des cadeaux du Nouvel-An, des porte-bonheur. Les motifs sont géométriques et habituellement symétriques, avec plusieurs éléments empruntés à la nature (chrysanthèmes, fleurs de cerisier, grues, branches de pin). 300 verges (yards) et plus de soie sont nécessaires à la confection d'une boule de 8 cm. Les motifs sont indiqués avec des épingles puis du fil de bâti. Les fils utilisés comprennent les fils de soie, les métalliques, l'or et l'argent, la rayonne et le coton perlé, et des rubans à broder. Certaines balles contiennent un grelot ou une clochette. On les retrouve maintenant comme décorations de fenêtre ou d'arbre de Noël, montées en mobile, ou sur un présentoir de table. L'emballage traditionnel est en un sac en tissu indigo (furoshiki) avec ses broderies sashiko blanches.
Hongroise, broderie
Le plus vieil exemple de broderie Hongroise, la robe de couronnement, date de 1031. Il existe deux types de broderie en Hongrie. Celle des hommes regroupe les appliqués, les broderies sur cuir et sur feutre et le tissage. Celle des femmes comprend le filage et la broderie sur lin et les autres textiles (points comptés, broderie libre, broderie de surface, broderie en blanc et les broderies ajourées). Les motifs traditionnels sont bien balancés et comportent des fleurs stylisées Les motifs symboliques existent sous différentes formes depuis des siècles. Un équilibre existe entre les points et les couleurs: plus de points sur du monochrome, moins de points sur des broderies très colorées. Il existe 20 régions folkloriques et chacune a ses motifs distincts.
Iconographique russe, broderie
Dès le 10e siècle, cet art était déjà en usage dans l'aristocratie russe et sa connaissance était exigée des dames de la noblesse. Au 11e siècle. à Kiev (ancienne capitale) existait une école de broderie d'or pour fournir les églises orthodoxes en bannières, tentures, etc. La méthode traditionnelle consistait à coucher des fils d'or et d'argent, au point de Boulogne, sur des tissus en lin teint, puis à ajouter des rangs de perles. La nouvelle méthode en vigueur après le 15e siècle, utilisa des velours et des brocarts, agencés avec des fils de soie de teintes diverses, ce qui donna une profondeur aux broderies, un peu comme si les images étaient peintes. Depuis 1920, cet art a refait surface en Amérique suivant la tradition: "dolichnoye" et "lichnoye". Le premier terme signifie le décor exécuté au point fendu; le second est pour le visage, travaillé en 12 teintes et leurs dégradés. Un petit cadre de 45 cm par 90 cm sur fond de velours, bordé de galons d'or et de franges nécessite en moyenne 2 mois de travail intensif; un grand panneau peut prendre jusqu'à un an.
Irlandaise, broderie
Une broderie faites sur une machine nommée "Irish 107", d'où son nom, elle permet de faire des points plumetis de différentes longueurs et largeurs et couvre de grandes surfaces rapidement en "peinture à l'aiguille". Les ouvrages comprennent les appliqués plats et matelassés, la broderie et les bordures découpées, la pose de perles et sequins.
Jordanienne, broderie
La broderie est l'un des arts traditionnels les plus important pour les femmes jordaniennes. Chaque jeune fille de toutes les classes sociales créent leur propre trousseau brodé, et la qualité de sa broderie sera tenue en compte pour se trouver un prétendant convenable. Ce trousseau comprend de 6 à 12 robes, qui lui dureront toute sa vie. Les couleurs traditionnelles sont le rouge, le marron, le mauve et le rose, avec des ajouts de vert, orange et or. Le point de base est le point de croix, qui permet une gamme de points compliqués et des motifs répétitifs comprenant les arbres, les fleurs, les plumes, les vagues et des zigzags géométriques ou des triangles. La broderie se retrouve également sur les coussins et, plus récemment, sur des patchworks.
Jours, broderie à
C'est la base de la broderie à fils tirés dans laquelle certains fils du tissu sont retirés (habituellement des fils horizontaux) et les autres sont regroupés avec des points d'un fil de même teinte ou de couleur contrastante. Cette technique est surtout utilisée pour faire des bordures ou pour finir les ourlets.
Jours de Cilaos
L'introduction de la broderie appelée Jours de Cilaos à l'ile de la Réunion est due à Angèle Mac-Auliffe (née en 1877), fille d'un médecin thermaliste. La technique utilisée n'évoluera guère depuis, ce qui fait sa finesse et sa célébrité. C'est une broderie à fils tirés pour laquelle sont retirés du tissu un certain nombre de fils de chaîne et de trame, afin de regrouper les fils restants par des points de broderie. C'est une fusion harmonieuse des broderies blanches, de style Hardanger et Teneriffe, avec des motifs géométriques délicats et complexes. La transmission de ce véritable savoir-faire a été faite notamment par les religieuses qui regroupaient les commandes et répartissaient le travail.
Jours italiens, broderie à
Contrairement aux jours simples, où l'aiguille pointe vers le haut, dans les jours italiens, l'aiguille pointe vers le bas. Ces jours sont aussi plus élaborés, avec plusieurs rangs de points, créant ainsi une bordure large et très travaillée. Habituellement, plusieurs rangs sont travaillés l'un par-dessus l'autre, créant ainsi une bordure très large.
Jours russes, broderie à
Réunion de deux pièces de tissus par des points de fantaisie, cette technique sert autant à créer une bordure de tissu différent qu'à réunir plusieurs pièces du même tissu en créant des jours brodés entre chacune. Les points utilisés sont les points de treillis, les points de feston groupés ou en cordage, et les points d'insertion (le fil est attaché par un noeud français sur chaque tissu, dans un mouvement en V).
Kaitag, broderie
Située entre la Mer Noire et la Mer Caspienne, le Daghestan est une région montagneuse et difficilement accessible du Caucase, la première région autonome de Russie. Les motifs sont inspirés de plusieurs influences et reflètent leur origine, qu'elle soit ottomane, chinoise, celte, bysantine, mongolienne, etc.On y retrouve des croix, soleils, dragons, hyéroglyphes, rennes, amibes, masques et même des foetus peuvent être identifiés. D'anciens symboles talismaniques s'y joignent car les broderies sont utilisés dans des rituels associés à la naissance, au mariage et à la mort. Les couleurs sont intenses et le choix judicieux des testures et teintes sont prisées partout dans le monde. En effet, les broderies les plus abstraites ressemblent étrangement à des oeuvres du 20e siècle, comme celles de Klee, Miro et Matisse.
Kantha, patchwork du Bengale
Originaire du Bangladesh, le terme signifie "la couverture du pauvre homme faite de tissus rapiécés et cousus ensemble". L'art du Kantha réflète la patience, la dextérité et l'imagination des femmes des villages, qui recyclent les vieux tissus non plus par souci d'économie mais pour avoir l'occasion de les broder. Le seul point employé est le point devant, car c'est sa position qui forme les motifs, des scènes épiques ou tirées du folklore, des fruits et des fleurs, des animaux et des papillons. Le kantha sert aux mouchoirs, aux couvre-miroirs, aux taies d'oreiller, aux sacs et porte-feuilles et aux édredons. Les kantha "dorokha" ont un revers identiques à l'endroit du tissu.
Kaschoubienne, broderie
D'une région allemande à l'ouest et au sud-ouest de Danzig, cette broderie est uniquement à motifs floraux et n'utilisent que 7 couleurs : les bleus clair, moyen et foncé, le rouge, le jaune, le vert et le noir. Chacune de ces couleurs représente un symbole régional, le jaune pour le sable de la mer Baltique, le bleu pour l'eau et ainsi de suite. Les motifs sont travaillés au point de tige et avec plusieurs variantes du point plumetis. Le fil de broderie moderne est presque toujours divisé, utilisent 2 brins à la fois, ou trois dans le cas des pétales au point de tige, rarement un seul brin (pour de petits points devant).
Kazouti, broderie
Le motif est dessiné au charbon, au crayon ou au papier carbone, puis placé sur un cerceau. C'est un travail à points comptés, avec des coloris vifs en rouge, mauve, vert et orange, préférablement des couleurs brillantes sur des tissus plus foncés. Les points sont: le point de croix, le zigzag, le point devant, le point arrière, etc. Les motifs peuvent être géométriques ou représenter des animaux et parfois des fleurs et des vignes. Les tribus Lambani du Banjara (Inde) ajoutent des pièces de miroir à leur Kazooti. Au Rajastan, des fils d'or et d'argent, ternis volontairement, sont utilisés.
Kum ignesi, broderie
En Turquie, depuis le 16e siècle, c'est la broderie en fils de soie de couleur était la plus populaire, que ce soit pour la cour du Sultan ou les jeunes femmes à la maison. Ce type de broderie, avec une grande variété de points, étaient appliquée sur des cotons fins et du lin. Les motifs utilisés étaient les tulipes et les oeillets et le terme de "kum ignesi" signifie en fait "aiguille de sable". C'est une forme de racommodage dans laquelle la ligne de broderie suit exactement les fils de trame et de chaîne du tissu, produisant des motifs qui semblent tissés plutôt que fait à l'aiguille. Ce travail, qui est identique sur les deux faces, est habituellement associés à des housses diverses. A partir de sources documentées du 16e siècle, on peut dire que ce travail très délicat n'était pas à la portée de toutes les brodeuses et que même la cour du Sultan avait de la difficulté à les recruter. Comme quoi, même à l'époque, ce travail était très dispendieux et ne pouvait être à la portée de toutes les bourses.
Laine, broderie en
Cette technique anglaise qui devint populaire au 17e siècle était au départ travaillée en laine torse sur toile de lin, dans les teintes d'une seule couleur, habituellement vert ou bleu. Par la suite d'autres couleurs se sont ajoutées mais le vert et le bleu restent prédominants dans ces pièces hautes en détails. Le motif le plus connu est l'arbre de vie, dont les branches supportent de grandes quantités de fleurs et de fruits. Les feuilles varient en forme et taille et des oiseaux comblent les vides entre les branches. Une base de brun et de vert sert de racines et d'herbes à cet arbre. Les motifs modernes comportent surtout des fleurs et des oiseaux. Le nom anglais Crewel tire son origine du terme "cruel" (définition identique en anglais comme en français, les deux mots ayant la même prononciation en anglais), car travailler la laine pure irite les doigts beaucoup plus qu'avec n'importe quel autre fil.
Lefkaritika, broderies de Chypre
Lefkara, un village niché dans les montagnes de Chypre, au sud de Nicosia, la capitale, est célèbre pour ses broderies. L'occupation italienne (1489-1571) laissa en héritage une forme de broderie à jours qui s'implanta dans le sud de l'île. Le nom local de cette broderie est "tayiadha", dérivé de l'italien "punto-tagliato" (voir ce mot). C'est une broderie réversible faite sur du lin provenant d'Irlande du Nord, avec du coton perlé français en seulement trois couleurs: blanc, brun et écru. C'est une tradition qui se perpétue exclusivement de mère en fille, avec uniquement des motifs traditionnels (une dizaine tout au plus, dont le flocon de neige, le motif Bysantin, le rayon de soleil, la mosaïque, le losange Léonard de Vinci). Cette broderie est utilisée pour les robes, manteaux et autres vêtements, non seulement en lin mais aussi en soie. Depuis près de 20 ans, cette broderie n'est produite qu'au village de Lefkara.
Lunéville, broderie #1 - Point de Lunéville
Les Broderies de Lunéville correspondent à 2 techniques qui se sont succédées dans le temps : "le Point de Lunéville" et la "broderie perlée". Le point de Lunéville, qui s'apparente à la broderie blanche, s'exécute sur du tulle de coton tendu sur métier, avec du fil de coton, sur la base d'un point de chaînette au crochet. Il a été pratiqué dès les premières décennies du 19e siècle, son déclin a commencé avec la montée en puissance de la technique de broderie perlée. Sa production a cessé avec l'arrivée de la seconde guerre mondiale.
Lunéville, broderie #2 - broderie perlée
Les Broderies de Lunéville correspondent à deux techniques qui se sont succédées dans le temps : "le Point de Lunéville" et la "broderie perlée". La Broderie perlée est une technique de broderie qui permet de poser des perles, paillettes ou strass sur tous types de tissus.. Cette technique est dû à un Lunévillois, Monsieur Louis Ferry Bonnechaux, vers 1865. Empruntant la technique de base de la broderie sur tulle dite ''Point de Lunéville'', la broderie perlée a alors rapidement acquit une renommée mondiale.
Machine à coudre, broderie à la
Ce n'est pas une technique très ancienne car elle se base sur la capacité d'une machine et ne couvre que les points que celle-ci peut fournir. Le tissu est tendu dans un tambour pour garder ce motif tracé de la broderie bien à plat et le pied d'entrainement de la machine est déactivé. La broderie s'effectue à mains libres, c'est-à-dire qu'on déplace le motif sous l'aiguille de telle sorte que le motif soit souligné ou rempli par le fil.
Macramé roumain, broderie en
Au départ, des galons sont faits au crochet, de différentes tailles et avec des crochets de différents formats. Ils sont ensuite attachés au tissu avec une aiguille à coudre. C'est un travail long et précis, car les motifs sont déjà imprimés. Une fois les contours des motifs délimités avec les galons, les vides sont remplis de points de broderie. Les galons au crochet et les broderies sont très réalistes et représentent la nature ou des peintures célèbres. Les pétales des fleurs, les nervures des feuilles, tout est représenté le plus fidèlement possible. Une fois la broderie terminée, le tissu de support est détaché puis le travail est lavé, empesé, séché au soleil, puis repassé sur l'endos. Un napperon rond d'un mètre et demi de diamètre prend en moyenne 6 mois (600 heures) à réaliser. On ne le nettoie qu'une fois l'an.
Madère, broderie de
Jusqu'au début du 20e siècle, le travail habituel était la broderie anglaise, utilisant du fil blanc ou bleu pâle sur des tissus de lin. Vers 1920, apparurent les broderies Richelieu, point d'ombre, les appliqués, etc. La broderie Richelieu de Madère s'enrichit des fleurs et plantes de la région. Vers 1930, l'influence de l'Art Déco favorisa les formes géométriques.
Marash, broderie
Cette broderie arménienne se travaille en fils de soie, sur velours. Comme ces matériaux sont dispendieux à toutes les époques, ces travaux de broderie étaient réservés à l'élite, soit aux nobles, soit à l'Eglise. Toutefois, certains symboles remontent à l'antiquité, comme la croix à huit branches, qui représente les 8 directions du compas, datent d'avant l'ère chrétienne, tout comme la croix celtique (qui nous vient d'Irlande et non d'Arménie).
Matelassage / Matelassé
Inventé au 13e siècle dans le sud de l'Europe (ou plutôt redécouvert, car il existait déjà depuis plusieurs siècles en Orient), le matelassage est la réunion de trois épaisseurs de tissu dont le tissu de revers sert à cacher une bourre (laine ou plus récemment polyester) plus ou moins épaisse fixée entre les 2 autres tissus par un ensemble de coutures en motifs géométriques. Les coutures peuvent également être disposées de façon à former un motif qui devient alors en relief. Cette technique de couture ou de broderie (selon qu'on le fait à la machine ou à la main) est souvent utilisée en combinaison avec le patchwork (réunion de tissus en épaisseur simple et à motifs géométriques).
Matelassage à l'Italienne
Cette technique vit le jour au 15e siècle, en Angleterre et en Allemagne, copiée sur le matelassage sicilien et français. Le matelassage se fait entre deux épaisseurs de tissu, alors que le motif a été cousu en lignes doubles. Le dessin est alors soulevé en glissant des lanières de tissu ou du cordage entre les coutures, par le revers du tissu. Dès le 16e siècle, du coton, du lin, des lainages, de la soie, du taffetas et du satin ont été utilisés pour cette technique.
Ma wei shou, broderie
Née dans la fertile province de Guizhou, cette broderie a de particulier sa fibre. En fait, elle est faite des longs poils de la queue des chevaux, et orne les souliers et les costumes des habitants des villages, le peuple Shui (les gens de l'eau). Les Shui sone l'un des peuples minoritaires les plus pauvres de Chine mais leur broderie traditionelle est encore utilisée de nos jours.
Mexicaine, broderie
La broderie mexicaine est enseignée de mère en fille, et aussi de grand-mère à petite-fille. Ainsi, les motifs traditionnels de chaque région sont transmis d'une génération à l'autre sans grands changements. Chaque région a ses propres motifs, comme par exemple le paon dans la région de Durango. Les vêtements brodés sont un héritage précieux des Mexicains, qui les portent fièrement même lorsqu'ils sont hors de leur pays.
Miniatures
Cette tradition Anglaise avait pour but premier de montrer le savoir-faire des brodeuses en les faisant travailler sur des pièces assez petites pour servir de bijoux. C'est une broderie extrèmement délicate, soie sur soie, ou coton sur toile fine, faite en demi-point de croix. Elle est au douzième de la broderie au petit point (voir ce mot).
Mola, ou broderie de San Blas
Ce travail très coloré, originaire des îles San Blas, au large de Panama, s'obtient par la juxtaposition de plusieurs épaisseurs de coton aux couleurs franches et unies, et par une broderie en incrustations. 5 ou 6 couches de tissu permettent de révéler les couleurs du dessous en des motifs naïfs et gais. Les bords des tissus coupés sont brodés au rang inférieur à points glissés. Les fleurs, les oiseaux et des symboles culturels sont représentés sur les molas.
Monogrammes
Personnaliser un vêtement, un accessoire ou signer une broderie de ses initiales se fait avec des lettres stylisées, avec ou sans décor (feuillage, fleurs, arabesques). Les points utilisés pour exécuter le lettrage sont: le point plumetis et le point de bourdon. Pour les jambages (petites lignes ne pouvant se faire avec des points de remplissage) et pour les arabesques, le point devant contrarié ou le point chaînette sont recommandés. Cette broderie se prête bien au travail à la machine à coudre au point zigzag ou au passé plat. Il faut un tambour pour tendre le tissu et les détails sont ensuite rebrodés à la main.
Mountmellick, broderie
D'origine Irlandaise, cette broderie en relief blanc sur blanc se travaille sur un tissu épais, genre coutil ou denim, et s'utilise principalement pour orner nappes, literie et vêtements car elle est durable et se lave sans ennui. Les motifs traditionels comportent shamrock, vignes avec grappes, glands, fougères, coquillages, papillons, roses et plusieurs autres en plus d'une bordure frangée. Les points employés sont: tige, noeuds français, chaînette, point corail, plumetis, grébiche, etc. Malgré son surnom de dentelle, cette broderie ne comporte aucun jour.
Myreschka, broderie
Broderie russe à la portée des débutants. Elle est presque exclusivement employée pour les bordures sur les tissus à trame régulière, habituellement le coton et le lin utilisé pour les linges de maison. Le travail est extrèmement stable et subit les lavages réguliers sans problème, même à la machine. Tous les tissus à trame régulière pourraient convenir mais plus le tissu est fin, plus la broderie sera belle. Des fils horizontaux sont coupés et les jours ainsi créés sont consolidés avec des points couvrants et des points de croix. La broderie couvre tous les points coupés, donnant ainsi un tissu solide et durable. Tous les points sont faits de l'extérieur vers l'intérieur, travaillés de droite à gauche. Tous les tissus conviennent en autant qu'ils aient le même nombre de fils dans les 2 sens, car les dessins doivent rester géométriques; le fil à broder et l'aiguille seront choisis d'après la grosseur des fils du tissu; certains préféreront travailler ton sur ton, alors que d'autres choisirent une couleur contrastante; un tambour à broder est obligatoire pour conserver au travail une rigidité pendant la broderie.
Naversom, broderie
Cette broderie suédoise tire son nom de "broderie sur bouleau". Des exemples de cette broderie datent du 17e et 18e siècles. Les filles des villages avaient l'habitude d'étirer leur broderie sur un cadre d'écorce de bouleau, Elles pouvaient ainsi rouler ce cadre mou pour l'emporter avec elles. Ces broderies servaient à décorer les bordures des nappes, les abat-jour et comme draperies. La broderie traditionnelle se fait à l'envers du tissu, sur de la toile de lin avec du fil de lin. Les motifs sont géométriques, à fils tirés dans les deux sens.
Nids d'abeilles en croisillons / Nids d'abeilles sur velours
Variante des ''Smocks'' (voir ce mot), ce style de travail, qui donne une allure de vannerie, se fait sur l'envers de l'étoffe. Très à la mode dans les années 1970, cette variante a perdu un peu de son enthousiasme, bien qu'on en retrouve encore qui orne les manches des robes de fillettes et les vêtements de bébés. Autrefois réalisé sur velours, il est maintenant fait sur des tissus ayant beaucoup moins de corps.
Or noué
Dans une broderie au point de Boulogne, le point qui retient le fil d'or est également en or, ou dans une matière y ressemblant, de telle sorte qu'il devient invisible. En broderie or noué, le point transversal fait partie du motif, autant par sa couleur (différente du fil couché), sa position et son écartement.
Paille, broderie en
L'usage le plus courant de la paille au fil des siècles a été sans contredit la fabrication de paniers, de chapeaux et de contenants d'entreposage. Le tissage de paille est tout de même assez ancien et a été importé en Amérique vers 1700. La paille aplatie doit être d'abord teinte ou utilisée à sa couleur naturelle. Les broderies suisses en paille sont reconnues pour la perfection de leur exécution, la minutie du travail et le rafinement des formes. La paille employée peut être de blé, d'orge, d'avoine ou de riz, utilisant celle qui convient le mieux au projet.
Paillettes, broderie en
C'est une technique qui utilise de petites pièces de métal ou de plastique brillant, habituellement rondes et munies d'un trou central ou près du bord pour être cousu sur un tissu. Les pièces à trou central peuvent être utilisées seules ou côte à côte, mais celles au trou décentré est habituellement cousu en rangées très serrées pour former de longues lignes brillantes. Les paillettes minuscules à bord octogonal retroussé se nomment aussi sequins. Notez que les perles de verre de petits formats et les paillettes font bon ménage.
Palestinienne, broderie traditionnelle
Les modèles traditionnels utilisés dans la broderie palestinienne sont souvent des motifs géométriques, mais aussi des dessins familiers aux femmes de cette région, des expressions de leur vie courante. Ces patrons symbolisent, entre autres, la bonne santé, l'espoir, la prospérité et la protection, des symboles très positifs. Dépendant de la région en Palestine, les patrons peuvent inclure le cyprès, des grappes de raisin, des pommiers, du chou-fleur, le coq ou le pigeon, l'arc-en-ciel, les roses, les oiseaux de paradis et des fleurs en pot. Des motifs géométriques ont reçus des noms tels que lune étrangère, oeil de vache, roue à lait, crabe, lune avec plumes, les dents du veillard, le coussin du célibataire, la femme du boulanger, et autres noms très colorés.
Papier perforé, broderie sur
Le papier perforé à broderie, d'origine victorienne, ressemble beaucoup au canevas et on le retrouve habituellement en 14 mailles au pouce. Il ne requiert pas qu'on recouvre le fond et permet des points fantaisistes. Par contre, il ne se plie pas et le fil utilisé doit être plus fin (fil pour 18 trous à utiliser pour du 14 trous). Le papier se déchire facilement et n'accepte pas plus de 2 fils partageant le même trou. Par contre, il peut être collé sur du papier ou du feutre pour plus de solidité. Le papier perforé est recommandé pour les débutants et les petits travaux (décorations, bijoux, cadres, couvre-livres).
Parme, broderie de / Galon de Parme
C'est à Parme qu'est né la broderie à galons, dont les motifs étaient inspirés des sculptures en bois des cathédrales et des ornements sacerdotaux. Le point de Parme donne l'illusion d'un riche galon en relief. Il est formé tout d'abord par 3 rangs très serrés au point de chaînette, allant tout trois dans le même sens. Puis deux rangs au point de grébiche sont exécutés sur les points de chaînette, avec le bord noué vers le centre. C'est ce qui produit l'effet d'un galon en relief.
Patchwork à pointes folles
Son nom ("crazy" veut dire "fou") vient d'un article de journal en 1898 où ce travail était critiqué comme n'ayant aucune raison pratique et gaspillait le temps des femmes qui s'y consacraient. Il tient plus de l'appliqué que de la couture géométrique habituellement associée à la confection d'un patchwork. Les pièces sont assemblées à la main, sans plan et habituellement sans gabarit. Passe-temps datant de l'époque victorienne, le "Crazy Quilt" utilisait les soies les plus fines, les velours les plus dispendieux. Il était symbole de la richesse de la brodeuse et aussi gage de sa dextérité. Vers 1880, la broderie devint si élaborée que les tissus étaient à peine visibles. Des motifs d'éventails, d'insectes, de toiles d'araignée et des fleurs côtoient les contours aux points d'épine, de grébiche, de fougère, etc. des messages subtils étaient brodés, une ancre pour un deuil, une araignée pour la chance et le langage des fleurs dans toute sa complexité. Il se fait maintenant par pur plaisir, et dans tous les tissus, du velours au satin, des cotons aux polyesters. Bien des femmes utiliseront des morceaux de vêtements qui leur rappellent des souvenirs (robe de bal ou de mariée, vêtements d'enfants) ou broderont des thèmes sur certains morceaux (des noms, des dates, des silhouettes, etc.). La broderie inclut aussi la dentelle, les perles satin et rocailles, les rubans à broder, les bordures et ricracs, et les boutons.
Peinture à l'aiguille
Cette technique essaie de rendre le plus réaliste possible le motif brodé, de telle sorte qu'il apparaît comme étant peint au pinceau. Cet effet est obtenu avec des fils de soie très minces, dans des tons d'un dégradé subtil, brodés au point plumetis très rapproché et meme parfois tissé l'un sur l'autre pour obtenir plus de teintes. Ce mode d'expression date des époques Baroque et Rococco.
Perlée, broderie
Il n'y a pas de règles absolue pour disposer les perles. En général, moins le motif est compliqué et plus la broderie est réussie. Les perles de tailles et de couleurs diverses peuvent se combiner sur un même travail, autant sur du tissu, léger ou lourd ou du canevas, et ils peuvent également s'agencer avec des matériaux plus exotiques, comme les fils métalliques et les paillettes, les objets hétéroclites (métal, plastique, etc) ou servir simplement de point lumineux ou de textures.
Perles sur filet, broderie de
Les perles rocailles sont les seules à convenir au filet, vue leur petite taille, car les grosses perles de verre déchireraient le support. Certaines pierres synthétiques sur monture individuelle, appelées Pierre du Rhin, se posent une à la fois, le support métallique étant placé sous le tissu, les griffes le traversant peuvent retenir la pierre tout en restant invisible. La technique de pose des perles sur dentelle est la même que sur filet.
Perse, broderie
Cette technique d'appliqués vient d'Angleterre vers 1700, alors que les cotons imprimés du même nom, en provenance de l'Inde étaient bannis à cause de leur trop grande popularité qui menacaient les entreprises de laine et de soie du pays. Les motifs Indiens, des imprimés en coton, très dispendieux, étaient soigneusement découpés avec une fine bordure, celle-ci repliée, et le motif était recousu sur un tissu uni de fabrication régionale, puis le tout était rebrodé. Cette technique devint si populaire que des tissus furent imprimés spécialement pour être découpés. Les motifs les plus courants sont les urnes débordantes de fleurs, l'arbre de vie et des paniers de fleurs en médaillon. Certaines broderies perses sont aussi matelassées.
Petit point, broderie au
Broderie au demi-point de croix réalisé sur un canevas double-fil (Pénélope) en brodant sur chaque fil séparément. C'est une broderie très délicate si on considère que ce canevas peut avoir de 14 à 64 trous au pouce; la plus utilisée étant de 24. Le fil employé est habituellement en soie, bien qu'il en existe en coton et que le canevas à 14 trous, le plus gros pour ce genre d'ouvrage, accepte aussi certaines laines très fines.
Philippienne, broderie
L'art de la broderie atteignit les Philippines par leurs contacts avec la Chine et l'Inde, bien avant l'arrivée des Espagnols. Dans ce temps, les femmes connaissaient leur valeur d'après l'habileté qu'elles avaient aux travaux d'aiguilles. Avec la réforme de l'éducation espagnole de 1863, la broderie prit la place de la géographie, de l'histoire et de l'agriculture dans l'éducation des filles, impliquant que les femmes sont des artistes nées et qu'on devait leur allouer le temps de perfectionner leur art. Toutes les écoles l'enseignaient, à partir de l'âge de sept ans. Les plus jeunes travaillaient sur des patrons pré-dessinés, au point de tige et au point de croix. Les plus beaux tissus sont à base de fibres d'ananas (piña), mais il existe aussi des textiles en fibres de babaniers (baca).
Phulkari, broderie
Cette spécialité de la région indienne de Punjab-Haryana est traditionnellement travaillée sur du coton brut, en orange, rouge ou bleu, utilisant de la soie moulinée et parfois, pour ajouter de l'éclat, des morceaux de mica. Les écharpes (rumals) de Chamba sont habituellement de soie foncée et, utilisant un simple point devant, des scènes élaborées de sujets religieux, des motifs géométriques, ou des motifs floraux y sont brodées.
Piquants, broderie aux
Cette broderie, vieille de plusieurs siècles et exclusive à l'Amérique du Nord, utilise les piquants des porcs-épics, et s'est développée dans toutes les régions où ce rongeur habite. Un porc-épic adulte, en bonne santé, procure environ 30,000 piquants d'un blanc terne qui sont ensuite nettoyés puis teints. Ils sont travaillés en motifs géométriques, pliés et tordus pour des motifs très complexes sur des sacs, mocassins, médaillons et bijoux. Les piquants sont enlevés à la main, sans gants et les teintures sont naturelles. Cette technique s'effectue habituellement sur un fond de cuir ou de l'écorce de bouleau. Le fil traditionnel est en tendons de cerf ou de buffle. Maintenant, on utilise du fil à coudre ou de la soie dentaire et le piquant est replié pour cacher le fil. Les points utilisés sont: le point droit, le point d'ombre, le point couché, le point droit double, la dent de scie, le diamant, le ricrac et en cercles.
Pise ancien, point de
L'origine du punto Pisano remonte à 1903 suite à la constitution, à Rome, de la Coopérative des Industries Féminines, qui propose de former en diverses villes italiennes de nombreux comités pour promouvoir et organiser le secteur de la broderie et du tissage. Pise adhère immédiatement à ce projet en proposant un nouveau type de broderie, le point pisano, inspiré d'anciens modèles espagnols. La technique consiste à couper et replier sur l'envers de l'étoffe le bord de la zone à broder et de recouvrir le tour des motifs d'un cordon épais, puis d'ajouter des barettes aussi épaisses que le pourtour.
Pise moderne, point de
Le punto pisano "moderne", a été présenté pour la première fois à l'occasion du Forum International de la Dentelle et de la Broderie de Bellaria de 2005. C'est une forme revisitée et mise à jour de la broderie typique de la ville de Pise.
Dans le point pisano "moderne", aux diverses compositions de motifs traditionnels, sont jumelés des formes au goût plus contemporain, exécutées avec diverses techniques, donnant ainsi naissance à des techniques décoratives entièrement inédites. Contrairement à la broderie traditionelle qui se faisait en blanc sur lin naturel, la broderie moderne utilise des filées et tissés aux tons les plus variés.
Plumes, broderie en
L'utilisation des plumes date de l'époque préhistorique, et les broderies en mosaïques de plumes de l'ère victorienne. Les Anasazi confectionnaient du tissu en plumes de dinde et en corde de ycca avant l'introduction du métier à tisser.
En plus d'orner des vêtements de l'Amérique du Nord à la Nouvelle-Zélande, en passant par Tahiti et la Nouvelle-Guinée, des tableaux sont entièrement brodés de plumes au Mexique sur un fond de tissu, ou agrémentent des masques.
Poil d'orignal, broderie en
Les Ursulines arrivèrent au Canada vers 1630 et apportèrent avec elles leurs techniques de broderie en fils de soie et leurs aiguilles de métal. Lorsque la réserve de fils fut épuisée, les religieuses apprirent à adapter le poil d'orignal pour leurs besoins. Le poil était teint puis utilisé selon la méthode de broderie chenille pour en faire des motifs en relief.
Les fleurs symétriques sont particulièrement prisées comme motif chez les femmes de la vallée du Mackenzie, qui les travaillaient en 3 dimensions sur fond foncé.
Les femmes Micmac et Maliseet de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, travaillant en deux dimensions, l'utilise sur des paniers, de l'écorce, des peaux et des vêtements de textiles. Une forme qui leur est particulière est la double courbe, un arrangement symétrique de 2 spirales qui suggère une plante stylisée. Ce motif était déjà dans leur culture, bien avant l'arrivée des religieuses.
Les Crees de la Baie James au nord de la Saskatchewan et de l'Alberta font un travail noté pour sa perfection d'exécution et une harmonie des couleurs délicates. Les broderies ornent les manteaux, mocassins et mitaines ainsi que les tambours et peaux utilisés pour les cérémonies shamaniques.
Les Wendats du Québec affectionnent particulièrement les motifs floraux sur peau teinte en noir. Leurs motifs sont géométriques, naturalistes et mythologiques, ces derniers étant l'oiseau de feu et la panthère sousmarine, motifs utilisés en combinaison avec des piquants de porc-épic et des perles.
Poinçon, broderie au
Technique japonaise utilisant une aiguille creuse de la taille d'un crayon avec une pointe fine au bout qui perfore le tissu et applique un fil de rayonne brillant et soyeux (fil appelé Bunka, comme la broderie). Plusieurs méthodes créent des textures différentes et l'illusion que l'on peint avec du fil. Le modèle est peint et travaillé sur l'endos du tissu. Le tissu employé est de coton épais, d'un tissage très serré (100 trous au pouce).
Points comptés, broderie à
Cette catégorie regroupe tous les ouvrages faits sur tissu à trame régulière où les points sont définis par leur espacement régulier dépendant d'un nombre constant de fils dans un sens vertical et horizontal. Ceci englobe autant toutes les sortes de points de croix, les abécédaires (samplers), les tapisseries sur canevas empesé (unifil ou Pénélope) que la fabrication de tapis. Sans oublier les broderies sur calicot où le motif imprimé sert de repère pour les points.
Points de croix, broderie aux
Déjà connu des Babyloniens, la broderie fut à son apogée dès l'époque romaine où on l'appelait "peindre avec l'aiguille". A l'origine, le point de croix servait avant tout à coudre des peaux de bête avec du fil de cuir. Il existe maintenant autant de motifs que de régions, certains pays en comptant plus de trente, mais le point de croix reste toujours un fil croisé sur l'autre, fait sur un tissu à trame régulière.
Points d'ombre, broderie aux
Cette broderie est faite presque exclusivement au point de chausson, au point droit et au point zigzag. Le fil devra nécessairement être contrastant car il devra être visible sur l'endroit. La particularité de cette broderie est qu'elle est effectuée sur l'envers du tissu et ne paraît sur l'endroit que par transparence. Un cerceau à broder est obligatoire et les points devront être courts (1 cm).
Pojagi, broderie
Cette broderie coréenne est une juxtaposition d'un motif central floral très délicat et d'un arrangement géométrique de rectangles aux quatre coins. Le terme comme tel se réfère aux toiles carrées de tailles diverses que les coréens utilisent pour emballer, conserver ou transporter différents articles. Ces carrés versatiles n'étaient pas seulement pratiques, mais d'une qualité artistique raffinée. Durant la dynastie Choson, les motifs et les dessins devinrent particulièrement colorés.
Polonaise, broderie
La plupart des broderies polonaises servent à enrichir les costumes traditionnels. En Silésie, une région au sud-ouest, le point de croix est travaillé en combinaison avec la broderie d'or, et sert aux bonnets et aux corsages. Le fil d'or est couché sur le tissu ou brodé au point plumetis avec un fil de soie doré. Les motifs sont floraux avec des feuilles ovales. Des sequins dorés sont parfois ajoutés aux fleurs, et maintenus en place au noeud français ou avec une perle dorée. Dans la province de Poznan, la broderie en blanc est travaillée au point de chaînette. Dans la région de Krakow, la boderie en blanc sert pour les chemins de table, les taies d'oreillers et les linges de maison. Les femmes de cette région font aussi de la Richelieu avec des point plumetis ou du matelassage.
Punto Tagliato
Autrefois, ce nom désignait toutes les broderies découpées d'Italie. Depuis lors, la technique du Punto Tagliato est devenu synonyme d'un travail si découpé que le fond disparait littéralement pour ne laisser que le motif.
Relief, broderie en
Le terme est aujourd'hui employé pour désigner la broderie matelassée du milieu du 17e siècle, bien qu'elle ait existée en Europe dès le 14e siècle comme nappe d'autel dans les églises. Elle est faite d'une broderie créée sur un tissu simple, puis on ajoute un revers, de la bourre, des perles, des fils métalliques et des points d'ancrage. En Angleterre, au 16e siècle, le patron était fait du transfert d'une estampe de bois sur de la soie et certains éléments de la broderie étaient peints. Les motifs en relief (pétales de fleurs, ailes de papillons, etc) nécessitent l'ajout de fils de métal recouverts du même fil que la broderie pour bien les cacher et l'utilisation d'un cerceau à broder, pour tendre broderie et revers est obligatoire.
Renaissance, broderie
Dans cette broderie, le contour de larges formes sont brodées au point droit puis au point de boutonnière, puis le centre est découpé et des barres de fils consolident l'intérieur de ces pièces. Certaines de ces barres de soutien se croisent, donnant une apparence aérée de toile d'araignée.
Reticello, Reticelli
Une variante italienne des broderies Richelieu ou Renaissance, celle-ci fait le lien entre la broderie traditionnelle sur tissu et la dentelle (sans tissu de fond). Ses origines (l'an 1565) remontent aux broderies à jours, où des fils sont coupés et retirés alors que les autres sont regroupés avec des points de broderie. Dans le reticello, le contour de motifs géométriques (surtout des carrés, mais aussi des cercles) est renforcé puis l'intérieur des formes coupé. Dans les trous ainsi créés, des points de boutonnières relient les bords pour assurer une meilleur stabilité et plus de force à l'ensemble. Loin d'être une broderie délicate, le Reticello est très facile pour les débutants.
Richelieu, broderie
Cette broderie est plus aérée que la broderie Renaissance car de plus grandes pièces sont découpées. Des picots sont également ajoutés aux barres de soutien.
Rosachi ou Rozashi
Cette broderie traditionnelle japonaise tire ses origines de la période Nara (619 - 960 A.D.). Elle consiste en des motifs géométriques ou symboliques sur une gaze spéciale ressemblant à un canevas (les trous sont réguliers) mais dont les espaces ne sont pas carrés mais rectangulaires (37 à 40 fils au pouce horizontalement et 11 fils verticalement. Le fil de soie tordu employé couvre complètement la surface. Les points utilisés sont les gobelins, florentins et briques. Cette broderie orne les vêtements, médaillons et elle est aussi encadrée à l'occasion.
Rouge, broderie en
Comme la broderie en noir (Blackwork), la broderie en rouge (Redwork), datant d'avant le 14e siècle, est travaillée au double point avant et donne un motif identique des deux côtés du tissu. Populaire autant en Espagne qu'en Angleterre, elle est faite autant en broderie libre qu'à points comptés. Redevenue populaire vers 1860, son nom provient du fil "Turkey Red" (rouge de Turquie), le seul qui était grand teint à cette époque. Cette broderie était courante sur les mouchoirs au motif pré-peint "Penny Squares" qu'on trouvait à un sou la pièce. Comme les compagnies de tabac donnaient un modèle avec les paquets de cigares, bon nombre d'épouses poussèrent leurs maris à fumer pour pouvoir broder sans dépenser un sou. Après 1930, les fils synthétiques donnèrent des motifs multicolores, ou monochromes (en noir, rouge, bleu ou vert). Seuls les contours des motifs sont brodés, avec un fil à 2 brins. Plusieurs carrés sont assemblés en patchwork, traditionnellement sans bandes intermédiaires ni doublure.
Rubans, broderie en / Rococo. broderie
La broderie en ruban apparut vers 1750 en France, comme décorations des robes de la Cour et les brodeurs devaient être autorisés par décret royal. Les rubans étaient accompagnés de fils de soie, de perles, de glands et de dentelles. Vers 1800, cette broderie fut adoptée en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, puis en Amérique (Canada et Etats-Unis) et orna parasols, sacs à main, gants, et mêmes les cadres et autres pièces d'ameublements. Loin de n'être que des rubans fixés l'un près de l'autre, les rubans sont passés dans le chas d'une aiguille et servent à créer des fleurs, des feuilles et des arabesques délicats et chatoyants. Maintenant, avec l'avènement des rubans en polyester ou en organza, qui ont plus de corps que les rubans de soie, il est possible de couvrir des surfaces entières de motifs brodés.
Rushnyk de Dniepropetrovsk
Il existe au delà d'une centaine de techniques de broderie différentes en Ukraine. La particularité de ces broderies est que l'envers du tissu est identique à l'endroit au point qu'il est difficile de les différencer. Les motifs plus simples de la région de Dniepropetrovsk, utilisent les traditionnelles couleurs rouge et noir dans un point de croix très élégant.
Rushnyk d'Hutsul
Un exemple frappant de la compétence et de la patience des femmes ukrainiennes se retrouve dans les motifs de cette région, où un seul morceau brodé (au point de croix) peut prendre jusqu'à un mois de travail, à huit heures par jour. Le travail terminé est identique sur les deux faces de l'étoffe.
Rushnyk Ivano-Frankivsk
Les motifs Ivano-Frankivsk (Ukraine), reflètent plutôt les dessins communs aux ceintures des femmes montagnardes et des autres accessoires retrouvés dans la tradition des Carpathes.
Rushnyky de Kersonska
Les motifs d'animaux se rencontrent particulièrement dans la région de Kersonska (Ukraine), ceux de l'arbre de vie dans la région de Lvivska.
Rushnyk de Kyiv
Les motifs géométriques des broderies ukrainiennes de la région de Kyiv montrent l'usage traditionnel du rouge et du noir.
Rushnyky de Lvivska
Les motifs d'arbre de vie sont trouvés dans la région de Lvivska (Ukraine). Dans la symbolique folklorique, le rouge représente le soleil, le coeur, le don de vie et la joie. Le noir signifie la nuit, l'éternité, les décisions solonnelles et le chagrin. Les deux couleurs démontrent les deux forces contraires de la vie. Ces pièces s'utilisent comme chemins de table, drapés sur les divans ou comme accents pour les portes et les miroirs.
Rushnyk de Podil
Les rushnyky de Podil (Ukraine) reflètent l'influence polonaise et démontrent les mariages des motifs communs à la région trans-carpatienne de l'Europe de l'est.
Rushnyk de Poltava
Réflétant les influences géographiques et culturelles de la région, le rushnyk géométrique de Poltava (Ukraine) est habituellement en bleu et noir, montrant un motif floral.
Rya, tapis
Traditionnellement fait sur métier à tisser, ce tapis d'origine scandinave est aujourd'hui réalisé sur canevas avec une grosse aiguille, en rangées de noeuds turc (Ghiordes). Les noeuds s'exécutent horizontalement de gauche à droite sur les rangs ajourés de la toile. La toile de rya est importée directement de Scandinavie, mais on peut aussi travailler sur de la toile de jute, en sautant un rang de fils sur deux.
Sarma, broderie
Broderie turque de l'époque ottomane, c'est litérallement un point de chausson travaillé en fil d'or, de telle façon que l'une et l'autre des faces du tissu sont absolument identiques. Les motifs consistaient en tulipes, oeillets, roses et hyacinthes, incorporant des fleurs stylisées et des bandes de nuages, indication d'une influence chinoise, ainsi qu'un motif de bandes de tigre et de taches de léopard. Cette technique d'avant le 16e siècle était utilisée pour orner les selles des chevaux, les carquois aussi bien que les vêtements et l'ameublement. Les objets des nobles étaient rehaussés de rubis et les branches des motifs floraux étaient entièrement faits de perles.
Sashiko, broderie
Au début du 18e siècle, les épouses des fermiers, pêcheurs et bûcherons japonais confectionnaient de chauds vêtements en cousant deux pièces de tissu épais ensemble en utilisant un point droit sur toute la grandeur du vêtement. Au départ, la broderie servait à renforcer le tissu et couvrir des accrocs mais devint vite décorative. Vers la fin du 18e siècle, ce type de broderie fait son entrée dans les villes, et les points de broderie devinrent plus élaborée. La Sashiko est utilisée pour les vêtements, les accessoires, la literie et le linge de table.
Schiffli, broderie
C'est une broderie tout à fait différente des autres. On la commence sur un tissu délicat, en broderie machine (machine qui possède une centaine d'aiguilles), puis le tissu de base est "'fondu"' à l'acide pour ne laisser que la broderie à jours. Certains la considère comme une dentelle, puisque le tissu de base a complètement disparu.
Shishou, broderie
Introduite au Japon il y a plus de mille ans par des artisans coréens ayant étudiés en Chine, cette forme de broderie faite à la main était au départ réservée aux temples boudistes et aux dames nobles, les seuls qui pouvaient s'offrir de telles oeuvres d'art pour orner leurs kimonos et obis. Cette broderie en soie sur soie utilise surtout des points de remplissage comme le plumetis, ce qui nécessite de longues heures de travail, vu la finesse du fil. "Broderie japonaise" se dit "nihon shishu" en japonais.
Shu, broderie chinoise
Produite principalement dans la province du Séchouan (Chine), elle a une longue histoire, bien qu'elle ait trouvé son style au milieu de la dynastie Qing. Les matériaux utilisés sont locaux, du satin très doux et des fils très colorés, brodés très serrés. Ses thèmes principaux sont animaliers ou des plantes. Les articles ainsi brodés servent de couvre-miroir, de robes de mariée, de paravents. Une technique particulière crée un motif différent de chaque côté de la broderie, les deux étant travaillés en même temps.
Smocks / Nids d'abeilles
Cet art remonte au 12e ou 13e siècle, et commença par le plissage des chemises, ce vêtement ample porté comme linge de corps. Avant tout une technique de couture, les smocks sont maintenant des bandes de tissu finement plissés et retenus en place par des points faits sur la face visible des plis. Les points utilisés peuvent n'être que fonctionnels, ou hautement décoratifs. Les smocks sont utilisés comme parure de vêtements (robe de bébé, linge de nuit et robes d'été pour femmes et fillettes), les coussins, sacs à main, etc.
Smyrne, tapis au crochet de
Cette broderie sur gros canevas (3 ou 4 trous aux 2,5 cm) utilise du très gros fil de laine et un crochet à clapet pour entrer les boucles dans les espaces du canevas. Le résultat est un tapis à poils longs, très duveteux, mais où les détails se perdent un peu. Ainsi les motifs ont avantage à être simples et à couleurs contrastantes. Les motifs modernes commerciaux sont peints directement sur le canevas, et le canevas vierge vendu au mètre sert pour créer ses propres dessins. Ces tapis sont habituellement utilisés comme décorations murales, car le canevas empesé ne se lave pas.
Snutki, broderie en toile d'araignée
Broderie blanche polonaise faite traditionnellement par les jeunes filles avant leur mariage ou les femmes pauvres, et vendues aux riches. Cette broderie utilise principalement le principe de broderie anglaise (trous rebrodés) et est faite sur du coton décati ou du calicot.
Soumak, tapis à l'aiguille
Contrairement au tapis de Smyrne, qui utilise une grosse laine sur un canevas à peu de trous, le tapis Soumak présente l'avantage de pouvoir être beaucoup plus détaillé, car la laine est couchée sur le canevas, soit au point de Gobelin ou au point de Soumak. Il est par ailleurs possible d'ajouter des détails surélevés, avec différents points fourrure, qui donnent du volume à l'ensemble. Le canevas employé peut avoir de 4 à 9 trous au pouce. Il est toujours réalisé en laine pure de bonne qualité, bien que maintenant cette laine peut être traitée contre les mites. Notez que le soumak traditionnel est fait sur métier à tisser.
Suisse, broderie
Originaire de Suisse, comme son nom l'indique, elle consiste en points plumetis et points de feston, des oeillets bordés et des jours remplis de rosettes ouvragées, un peu de broderie d'ombre et du remplissage. Elle est toujours réalisée sur un tissu transparent, de l'organdi, de la mousseline ou un lin extrêmement délicat. Ces broderies sont tellement délicates qu'on se sert maintenant des modèles anciens (technique "Aetz") comme patrons de dentelles.
Supo, broderie
Cette broderie coréenne est une forme de "pojagi" (voir ce nom). Dans ce cas-ci, des arbres, symboles les plus sacrés de tous les êtres vivants, sont brodés en couleurs vives. D'autres motifs sont aussi utilisés, comme des pommes grenades, qui représentent la fertilité, des fleurs, fruits, canards mandarins, etc. Les couleurs de base sont le bleu, le rouge, le jaune, le blanc et le noir, les couleurs fondamentales de la nature, soit la théorie des 5 éléments (métal, bois, eau, feu et terre).
Suzani, broderie
Le nom est tiré du persan, "suzani" voulant dire "aiguille". Cette broderie perse utilisent principalement des points de remplissage pour les feuilles et les pétales des fleurs, qui prédominent dans ces motifs. Les broderies sont particulièrement larges, en couleurs riches, surtout en rouge. Les couvertures, faites par la famille de la mariée ou les habitants du village, étaient donnés pendant la célébration et étaient utilisés par la suite comme tête de lit, couverture ou tapisserie murale. Elles sont faites principalement en fils de soie, sur un fond de toile de coton ou de lin.
Suzhou, broderie
Depuis plus de 2000 ans, cet art chinois, de la région de Suzhou, a la particularité d'être dense, brillant, lisse et lustré. Les broderies n'utilisent que 18 points différents (dans la tradition, mais une quarantaine maintenant), mais plus de mille teintes différentes de fils. Le motif traditionel est le chat et le poisson rouge, où plus de 20 teintes différentes de fils de soie sont employées uniquement pour un seul oeil du chat et du fil à 48 brins, un seul est utilisé pour la queue du poisson. La nouvelle technique du double-face a permis de réussir deux motifs complètement différents sur chacun des côtés du tissu, travaillés tous deux en même temps.
Syrienne, broderie
La broderie traditionnelle du Moyen-Orient date de plusieurs siècles et est passée d'une génération à la suivante par les femmes. Les motifs et couleurs des broderies varient d'un village à l'autre et servent d'identité aux groupes ethniques, comme ceux vivant à Qalamoun, Horan, Tel Mnin, es Suchne, Saraqeb, Khan Sheikhun ou d'autres régions de Syrie. Les vêtements des deux sexes sont décorés de broderies mais sont aussi teints, garnis d'appliqués et de patchwork. Les points de broderie comptent le point de croix, le plumetis, le boulogne, les points droits et d'épine, de chaînette, de chausson, etc.
Tapisserie, broderie sur canevas
Les débuts de la tapisserie telle qu'on la connaît date du 16e siècle, époque ou dans l'Angleterre Elisabétaine l'aiguille d'acier remplace l'aiguille en os ou l'épine. Au départ, ce genre de broderie s'exécute sur un tissu à trame régulière et très serrée. Par la suite, un tissu spécial, à fil simple empesé a été conçu spécialement pour ce genre de broderie. Un canevas double, appelé "Pénélope" sert à créer des motifs plus ouvragés sur un fond de points plus gros. Deux seuls options se présentent pour cette broderie: le point horizontal (ou vertical) et le point diagonal. Une centaine de points différents ont été développés avec ces deux alternatives, en plus de nombreuses variantes pour chacun d'entre eux.
Tark, broderie
Ce terme désigne la broderie au fil d'argent. Elle est pratiquée sur de la crêpe georgette blanche, beige, marron ou noire de préférence ou sur du voile très fin, tendus sur un cerceau en bois. Un fil aplati, de 2 mm d'épaisseur est enfilé dans une aiguille conçue pour cet usage. D'un coup sec ou tark, la brodeuse introduit l'aiguille, forme le point et coupe le fil. Ces points autonomes et juxtaposés composent des motifs variés, abstraits ou figuratifs schématisés (cèdres, danseuses, fleurs, arbres de vie). Le "Tark" est toujours pratiqué en Tunisie, au Liban, et en Egypte, avec quelques variantes dans la technique. Des voiles, des robes ou des tuniques sont recouvertes de "Tark".
Tissu éponge, broderie sur
Cette broderie sur ratine de velours ou tissu éponge nécessite des motifs de formes simples et pleines qui ressortiront bien dans l'épaisseur des fibres. Les motifs ne sont pas décalqués mais bâtis sur place, et la broderie se fait à la main, car la broderie à la machine couvre bien mais elle rend le tissu raide. Les points utilisés sont: le point de plumetis ou passé plat, les variantes du point de chaînette et le point de grébiche. Il faut s'assurer de bien couvrir les bouclettes du tissu (ratine ou tissu éponge), et de faire des points assez courts, pour éviter les cassures de fil au lavage. Les usages les plus fréquents sont: les serviettes et le tapis de bain, les vêtements de plage et vêtement d'enfants, et les peignoirs. Il faut éviter de placer les broderies aux endroits les plus manipulés.
Toile, broderie suédoise sur
Cette technique, d'origine suédoise, utilise de la toile de lin ou de coton employée autrefois comme serviettes et linge de maison. Le tissu doit préférablement avoir 7 ou 8 paires de fibres proéminentes au pouce (2,5 cm) et les motifs se travaillent sur l'envers du tissu. Le dessin se fait au point droit, en formes géométriques, toujours de droite à gauche (on tourne le travail pour le rang de retour).
Tricot, broderie sur
Cette technique, appelée point de maille mais aussi "broderie Jacquard" sert uniquement à broder sur des tricots. Elle consiste en une série de "V" qui se superposent aux mailles tricotées. En plus de permettre autant de couleurs que désiré, cette broderie ne donne pas l'épaisseur d'un vrai jacquard tricoté. Il est important de préciser que les patrons de point de croix donneront un effet écrasé, car un dessin tricoté est toujours plus haut que large.
Turque, broderie
Les objets brodés sont petits et conservés avec soin d'une génération à l'autre. Ce peuple de nomades utilisait des tissus naturels pour tout emballer, décorés avec soin par les jeunes filles et les femmes de la tribu. Ces femmes qui ne pouvaient s'exprimer autrement, y brodaient leurs sentiments, leurs espoirs et leurs souhaits. Ces tissus servaient de la naissance au tombeau, étant même déposé sur le cercueil pour le trajet vers le cimetière. Toutes ces oeuvres, non blanchies, convervent leur teinte brunâtre, et leur vieillissement, qui les foncent, ajoute à leur esthétique. Du sultan au paysan, tous les objets étaient brodés, qu'ils soient militaires ou fonctionnels.
Urfa, broderie arménienne
La broderie est pratiqué en Arménie depuis des siècles et, dépendant de la période, ce fut comme moyen de subsistance ou comme passe-temps favori. Dans les maisons cossues, les femmes brodaient sur du taffetas ou de la soie, employant des fils d'or et d'argent, des perles véritables et des pierres précieuses. Ces broderies paraient des vêtements de cérémonie, des cols et des rideaux montrant des scenes bibliques. Les gens du peuple utilisaient du coton et du fil de laine. Les deux classes sociales brodaient leurs robes, chemises de nuit, serviettes, taies d'oreillers et tentures. Les jeunes filles brodaient leur trousseau avant leur mariage, en copiant les motifs de leur mère, mais aussi en les modifiant autant en formes qu'en couleurs. La broderie d'Urfa tient son nom de la ville; les points employés sont le point devant et le point arrière.
Viking, broderie
Les Vikings adoraient les arabesques compliquées autant sur le métal, le cuir, les vêtements tissés et, naturellement, les broderies. Celles-ci servaient à renforcer les coutures et à préserver les endroits qui s'usaient le plus vite, soit les poignets et le col. C'était une sorte de point d'épine entrelacé développé à partir de techniques de tissage et utilisé en passant dans toutes les épaisseurs de tissus.
La broderie pratique devint de la broderie artistique avec l'arrivée des influences anglo-saxonne, russe, baltique et bysantine. Les points pratiques étaient faient en laine ou en lin, ceux plus décoratifs en soie et en fil métallique ou lamé. Ces derniers étaient couchés sur le tissu, de telle sorte que la plus grande partie du fil était apparente. Les couleurs obtenues par des teintures naturelles, comprenaient le bleu, le rouge, le brun et le jaune et toutes leurs combinaisons. Les points connus à cette époque étaient le point plumetis, le point fendu, le point de tige et la chaînette, réservée aux fils d'or et d'argent. Les motifs comprenaient les animaux, les oiseaux, et les motifs purement géométriques. La noblesse ornait ses vêtements de passementeries (cordons d'or ou d'argent importés d'Orient) travaillées en entrelacs, parfois rehaussées de bandes de soie. Les appliqués en soie étaient aussi utilisés.
Xiang, broderie
Vieille de 2500 ans, et de la province de Hunan, elle est la plus délicate des quatre formes de broderie chinoise. Elle est réputée pour sa grande gamme de couleurs, seize teintes pour chacune, alors que les autres broderies n'en comptent que huit. Les points sont aussi plus courts et plus nombreux, ce qui accentue grandement les détails. On en compte pas moins de 70 points différents, et une centaine de couleurs par article brodé. Basée sur la peinture chinoise, elle s'inspire de la calligraphie, de la gravure tout autant que de la peinture et de la broderie traditionnelle. Elle a été la première à perfectionner la technique de la double-face, où un dessin différent est brodé sur chaque côté d'une mousseline transparente. On brode également sur du damas rigide ou fin, du chiffon, de la gaze et du nylon. Ses utilisations ne sont pas réservées aux oeuvres d'art mais couvrent également la literie, les nappes, mouchoirs et toutes sortes de vêtements.
Yue, broderie
Elle est aussi appelée broderie cantonaise, car elle est produite dans la province de Guangdong (Chine). Une variété de fils sont employés, incluant le poil de la queue du cheval et la fibre des plumes de paon. Les pièces sont brillantes autant par les couleurs des fils que par l'addition de fils d'or et d'argent. Les thèmes vont du paon, aux melons en passant par les produits de la mer. On en fait des châles, des vêtements, de la literie et des paravents.
Zardozi, broderie
Cette broderie indienne travaillée sur du velours, de la soie, du satin et d'autres tissus somptueux est faite aux fils d'argent, d'or mat et d'or brillant. Les motifs sont constitués d'arabesques et de vignes et produisent une texture uniforme, d'un fini de haute qualité. Chaque motif se doit d'être parfait dans ses moindres détails. Cette broderie est utilisée pour les châles, les saris (robe traditionnelle indienne), et l'ameublement.
Zerzud, broderie
Déjà connue au 14e siècle, on ne conserve que de très rare exemples de cette broderie turque dans son intégralité. Cette technique recouvre entièrement le tissu de fond, habituellement du satin, de lignes parallèles de fil métallique doré au point de chausson. Le fil ne perce pas le tissu mais reste complètement à la surface, ancré sur place par des points espacés régulièrement de façon perpendiculaire. Dans certains cas, des fils de soie éaient ajoutés pour donner de la couleur et définir les formes. D'autres techniques utilisant du fil d'or étaient aussi utilisées à cette époque.
Notez que
Je ne fais PAS d'évaluation de broderies, quelle que soit la raison de votre demande.
je ne fais aucune recherche de fournitures, patrons ou autres techniques.
Les styles de broderie qui ont ét expliqués plus avant sont accessibles par la table des matières (boutons Index #1 ou #2 en haut de page), dans la section "BRODERIE".
Les textes et illustrations ont été tirés de sites web, pour la plupart anglophones : des musées nationaux, des pages gouvernementales touristiques, etc.
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